
[The Liberation of St. Peter by Raphael (detail) ]
Estoy contenta, muy contenta. Acaba de pasar algo en Sudamerica que ha tenido repercusiones fuertes para mucha gente repartida por el mundo. A mi me afectó de muy buena forma y me imagino que a los familiares de los rehenes de las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia, liberados esta tarde por militares colombianos, los afectó de una manera que tan solo ellos añoraban en sueños.
Cinco años atrás, me llamaron de urgencia a una reunión de carácter confidencial en mi empresa, donde anunciaron que una avioneta conteniendo cuatro personas, tres de ellas ingenieros de campo de mi empresa, había sido derribada en la selva colombiana al parecer por tropas guerrilleras. El piloto fué asesinado allí mismo de un disparo a la cabeza después que lo hicieron arrodillarse; los otros tres ingenieros se sospechaba en ese entonces, habian sido capturados como rehenes. No podiamos decir nada ni contarselo a nadie por una serie de consecuencias muy largas de elaborar acá. Este evento, comenzó una tragedia inmensa para las respectivas familias de estos tres individuos; con todas las ramificaciones que algo así pueda tener no solo a nivel familiar, pero local, regional, nacional y global. Mi envolvimiento en el asunto estaba limitado a ser una especie de liaison/traductora entre las familias y el esfuerzo de comunicación que mantuvo mi empresa a través de los años con la ayuda del gobierno colombiano, para que los ingenieros capturados de alguna forma recibieran noticias acerca de sus familias: a través de diarios y publicaciones varias, a traves de la television, etc. Este extraordinario esfuerzo, llevado a cabo con el aporte de mucha gente, tenía el propósito principal de mantener viva la llama de la esperanza en cada uno de estos tres capturados, de que no perdieran las ganas de vivir. Si hasta la lapicera que uso tiene una inscripción en ella que dice: “Tom, Marc, Keith… no se les ha olvidado…”. Mi empresa las mandó a fabricar para repartir a cada empleado para el aniversario de su desaparecimiento hace un año atrás.
Así, traduciendo las cartas llenas de detalles intimos que les escribian sus esposas e hijos a estos tres rehenes, me sentía como una intrusa, como “la tercera rueda” como dice un refrán acá… pero al mismo tiempo sentía un cariño muy grande por los involucrados porque llegué a conocerlos como si fuesen amigos de siempre. Sin haber nunca mirado a los ojos a mis colegas, que en realidad trabajaban antes de su captura en una ciudad distinta de la mia, sus intimidades, sus afectos, sus miserias, se presentaban ante mi y me afectaban terriblemente. Es que leer una tarjeta de navidad escrita con el desgarro emocional de una esposa que no sabe si sus palabras llegarán a las manos de su amado o si éste todavía esta vivo, es mas dificil de lo que me hubiese imaginado antes de estar envuelta en esta situación. Lloré a mares cuando traduje los mensajes de los hijos adolescentes donde les contaban de sus logros en el colegio o en los deportes a padres esfumandose en la distancia.
La FARC ha usado el dinero que obtienen del tráfico de cocaina para sustentarse y aunque en el pasado llegaron a tener hasta 17,000 miembros, su fuerza a disminuído considerablemente por haber perdido a tres de sus lideres mas importantes este año y se cree que sus filas actuales las integran alrededor de 9,000 personas. En la operación militar de captura de hoy también se recuperaron a Ingrid Betancourt, la ex candidata a la presidencia en Colombia, y once personas mas. No hubieron heridos aunque me preocupo por las otras heridas, esas que no se ven, las heridas del alma.
Texto en idioma frances
[Gentileza de Dorèus]
Je suis contente, très contente. Il vient de se passer quelque chose en Amérique du Sud qui aura des répercussions importantes pour de nombreuses personnes à travers le monde. Cela m’a positivement affecté et j’imagine que les proches des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie libérées par des militaires colombiens ont été touchés d’une manière dont il ne pouvaient auparavant que rêver.
Il y a cinq ans, j’ai été appelée d’urgence à une réunion confidentielle à mon entreprise. On y annonça qu’un petit avion avait été abattu dans la forêt colombienne, apparemment par la guerilla. Trois des quatre occupants étaient des ingénieurs de campagne de mon entreprise. On a fait s’agenouiller le pilote, qui fut aussitôt assassiné d’un coup de feu à la tête; on supposait que les trois ingénieurs avaient été capturés comme otages. Nous étions tenus au secret concernant toute cette affaire pour des raisons qu’il serait trop complexes d’élaborer ici. Cet événement fut l’amorce d’une profonde tragédie pour les familles de ces personnes, avec toutes les ramifications que cela peut avoir au niveau familial, local, régional, national et global. Mon implication dans cette affaire était limitée à servir d’agent de liaison et de traductrice entre les familles et les efforts consenti par mon entreprise à maintenir la communication. Pendant des années, avec l’aide du gouvernement colombien, mon entreprise a tenté d’assurer que les ingénieurs captifs puissent recevoir d’une manière ou d’une autre des nouvelles de leur famille, par des journaux et publications diverses, par la télévision, etc. Cet effort extraordinaire, soutenu grâce à la participation de nombreuses personnes, avait pour but principal de maintenir vive la flamme de l’espérance chez chacun des trois captifs, afin qu’ils ne perdent pas l’envie de vivre. Sur le stylo que j’utilise, il y a une inscription qui dit: «Tom, Marc, Keith, nous ne vous avons pas oubliés…». Mon entreprise les fit fabriquer pour distribution à chaque employé à l’anniversaire de leur disparition, il y a un an.
Ainsi, en traduisant les lettres remplies de détails intimes qu’écrivaient aux otages leurs femmes et leurs enfants, je me sentais comme une intruse, comme la «cinquième roue du carosse» et en même temps, je ressentais une affection profonde pour les personnes concernées, puisque j’en suis venue à les connaître comme s’ils avaient été des amis de toujours. Sans avoir même jamais vu ces collègues qui, avant leur capture travaillaient dans une autre ville que la mienne, leur intimité, leurs émotions et leurs misères se présentaient à moi d’une manière qui m’a terriblement affectée. Lire une carte de Noël relatant le déchirement émotif d’une épouse qui ne sait pas si ses paroles rejoindront l’être aimé, qui ignore même s’il est encore vivant, était plus difficile que je l’imaginais avant d’être impliquée dans cette situation. J’ai pleuré des océans en traduisant les messages des fils adolescents qui racontaient leurs succès scolaires ou sportifs à des pères disparus et éloignés.
Les FARC se financent grâce aux profits provenant du trafic de cocaïne. Elles ont déjà compté sur le soutien de 17 000 membres, mais leurs forces ont considérablement diminué suite à la perte de trois de leurs chefs les plus importants cette année et on croit qu’elles ne comptent plus que 9 000 personnes dans leurs effectifs. La reprise militaire des otages d’aujourd’hui a permis de récupérer Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidence colombienne et onze autres personnes. Ils n’avaient pas été blessés, mais je m’inquiète des autres blessures, celles qui ne se voient pas, les blessures de l’âme.

